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10 avril 2013 | Discours de Mohamed Ben Laden, Inauguration Forum

« Messieurs et Mesdames les Ministres, Messieurs les Ambassadeurs, Excellences,
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

C’est avec une grande joie que je prends la parole devant vous aujourd’hui pour ouvrir ce forum d’affaires ici à Paris. 
Joie d’abord parce que nous sommes en France et que c’est toujours un bonheur pour moi personnellement et pour tous les membres du Conseil d’Affaires Franco-saoudien d’être en France. Le CAFS ne lésine pourtant pas dans ses déplacements en France, à Paris et en Province, pour promouvoir la marque France auprès des hommes d’affaires saoudiens… Joie ensuite d’ouvrir, pour le premier exercice du genre, ce forum d’affaires franco-saoudien. Je voudrais marquer mon profond remerciement tout d’abord au Ministère saoudien du Commerce et de l’Industrie, au Ministère du Commerce Extérieur français pour avoir pris l’initiative d’organiser ce Forum d’affaires. Mes remerciements s’adressent également à l’Ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite à Paris et à son Ambassadeur Dr. Mohamed Al Elsheikh pour son soutien et son aide, sans oublier non plus l’Ambassade de France à Riyad et son Ambassadeur Bertrand Besancenot, dont le dynamisme au service de la relation franco-saoudienne ne se dément jamais. Un salut reconnaissant au Comité du Commerce International Saoudien. Je n’oublierai pas d’adresser un salut amical tout particulier aux membres du CAFS, que j’ai l’honneur de présider, qui mettent tout leur dynamisme au service de nos activités. Enfin, à tout seigneur tout honneur, je terminerai ces remerciements en saluant le rôle que joue le MEDEF International, notre partenaire, dans notre succès aujourd’hui, et plus particulièrement Thierry Courtaigne à qui nous avons imposé quelques moments de grand stress qu’il nous pardonnera je l’espère…Puisque nous sommes ici entre amis, disons les choses d’emblée : l’Arabie est généralement un pays méconnu ou, version plus optimiste, insuffisamment connu en France. En effet, dans ce monde d’images qui est le nôtre, l’Arabie peut susciter des commentaires, des analyses très justes et positives mais, aussi parfois, des analyses marquées du sceau de l’ignorance et, plus rarement, de la mauvaise foi. Qu’il me soit donc offert ici, dans le faible temps qui m’est imparti, l’occasion de tenter de lever devant vous un peu ce « voile d’ignorance ».L’Arabie est un des grands pôles de stabilité du monde arabe, un acteur important de la mondialisation et un pays dont le développement économique force l’admiration de beaucoup.

Au sens propre comme au sens figuré, nous sommes un grand pays… Nos Rois ont patiemment rassemblé et unifié un territoire grand comme cinq fois la France, avec aujourd’hui une démographie dynamique puisque 2/3 des 20 millions des saoudiens ont moins de 30 ans.

Rien ne serait plus injuste, en effet, que d’avoir une vision statique du Royaume… En Arabie Saoudite, si pour certains les apparences semblent assez immuables, les choses changent en profondeur, sous l’impulsion déterminée de Sa Majesté le Roi Abdallah.

En témoignent les réformes en cours. A la mise en place d’un dialogue national au sein de la société saoudienne répond, sur le plan extérieur, la priorité accordée au dialogue inter-religieux et au dialogue des civilisations dont sa Majesté a pris l’initiative dans le cadre des Nations Unies. C’est ainsi, au nom de « valeurs communes » que nous partageons tous, que l’Arabie a ouvert, à Vienne, le centre de dialogue inter-religieux avec le soutien des Nations Unies, Ce même souci de dialogue et de modernisation, on peut le voir dans une multitude d’évolutions et d’initiatives de la société saoudienne. Et d’ailleurs, certains chiffres sont éloquents : un pays, comme le mien, qui consacre près d’1/4 de son budget à l’éducation, manifeste clairement que ses priorités vont au perfectionnement et à l’édification des hommes et des femmes : les universités fleurissent en Arabie (8 en 2006 et… 35 en 2012), – 600.000 des diplômés de l’enseignement supérieur sont des femmes ! -, et plus de 150.000 boursiers saoudiens vont se former à travers le monde… C’est donc naturellement qu’un grand pays comme la France, chargé d’histoire, aussi présent sur la scène internationale et pleinement engagé dans le monde arabe, a développé un vrai partenariat stratégique avec le Royaume d’Arabie depuis la fameuse Rencontre entre feu le Roi Faysal et le Général de Gaulle en 1967. Un moment que je considère fondateur à I ‘initiative de ces deux grands hommes d’Etat.

Sur le plan politique, la relation franco-saoudienne a toujours été riche. Nous en avons encore eu un exemple lorsque le Président Hollande a réservé sa première visite dans cette région du monde à l’Arabie en Novembre dernier, prélude à un grand déplacement officiel qui, nous l’espérons, pourra rapidement se concrétiser.

L’Arabie est aussi un pôle majeur de stabilité dans le monde arabo-musulman (et cela est lourd de sens aujourd’hui dans un monde arabe instable !), nous sommes un grand Etat responsable soucieux de son environnement régional.
Ce rôle, elle l’assume aussi car elle a su, par une gestion prudente et déterminée de ses richesses, mettre en place les conditions d’un développement économique que beaucoup nous envient.

Car, si l’Arabie est un pays riche de ses ressources naturelles (faut-il ainsi rappeler que l’Arabie Saoudite est le 1er producteur et exportateur de pétrole ?…), elle a su mettre en place une stratégie de développement qui préserve l’avenir.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous réciter la longue liste des données macro-économiques qui, dans le contexte de crise internationale actuelle, sonne presque comme une grossière incongruité.

  • Faut-il, là aussi, rappeler… Que le PNB du Royaume (400 Mds $) est de loin le plus important du monde arabe et représente 1/4 de la zone ANMO ?… Faut-il aussi souligner qu’avec des excédents financiers (publics) de l’ordre de 500 Mds $, le Royaume a les 2èmes capacités mondiales nettes, derrière la Chine ?…
  • Que sur la période 2002-2012, la croissance a été en moyenne de 4,9% par an ?…
  • Que la dette publique saoudienne est en deçà des 4% de PIB ?…
  • Que l’Etat saoudien affiche un excédent budgétaire de près de 14/15% ?…
  • Faut-il enfin rappeler que son programme massif d’investissements publics (400 Mds $ 5 ans) – des sujets qui seront développés tout au long de la journée d’aujourd’hui, des investissements dans le développement des infrastructures et de l’industrie – est le plus important au sein du G20 ?…

Car, oui j’oubliais aussi cela…on oublie souvent, il est vrai, de le dire : l’Arabie est aussi un membre actif du G20…
Le Royaume d’Arabie Saoudite est aujourd’hui, en effet, une nation qui compte dans le monde des pays émergents, impliquée dans les grands arbitrages économiques et financiers internationaux, pleinement intégrée dans le monde global.

Je suis nécessairement incomplet dans ma brève présentation mais j’espère avoir pu vous faire toucher du doigt la spécificité saoudienne et les opportunités que le Royaume représente. Alors, me direz-vous, et la France dans tout ça ?
Certes les grands groupes français connaissent déjà l’Arabie Saoudite – où ils remportent des succès significatifs – mais vos PME sont encore trop faiblement représentées sur le marché saoudien, en pleine expansion (7% de croissance en 2012 !!!).

Plus que jamais, et c’est la conviction que je partage avec tous les membres du CAFS, la France et l’Arabie ont beaucoup à se dire et à faire ensemble dans le domaine des affaires. Le nombre de visites ministérielles en témoigne et les perspectives de partenariat durable et structurant sont très encourageantes : énergie, transport, agro-alimentaire, santé… Qu’on en juge : d’ores et déjà 70 entreprises françaises sont actives dans le royaume avec près de 20.000 salariés, la France est le 3ème investisseur étranger en Arabie. …C’est aussi une des missions principales du CAFS que de convaincre les investisseurs saoudiens de dire « Yes to France », pour reprendre une formule du ministre français de l’Industrie, Arnaud Montebourg, qui ne ménage pas sa peine au mieux des intérêts du courant d’affaires entre nos deux pays.

Voici, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais vous dire très simplement pour ouvrir nos travaux. Je n’exclus pas d’avoir été un peu chauvin dans ma présentation mais tout le monde aura compris que le Royaume d’Arabie Saoudite et la France ont beaucoup à partager. Dans le domaine des affaires, qui nous intéresse tous, ma conviction est que les opportunités sont vraiment foisonnantes et qu’elles ne demandent qu’à être saisies… C’est aussi à cela que doit servir notre forum.

Il y a près de 60 ans, Jacques Benoist-Méchin, dans la biographie qu’il a consacrée à notre Fondateur, le Roi Abdelaziz ibn Séoud, a eu cette belle formule, romantique à souhait, en écrivant que l’Arabie « avait fait surgir en son sein les trois types d’humains les plus achevés du monde arabe : le guerrier, le poète et le Saint »… Il ne pouvait pas savoir que de l’Arabie surgirait aussi un autre type d’homme achevé, une génération de jeunes hommes et femmes d’affaires qui ne demandent qu’à échanger avec la France !

Merci de votre attention. »

Mohamed Ben Laden